G.R.A.I.N. Histoire de fous

(Création 2015)

Écrit et mis-en scène par Marie-Magdeleine & Julien Marot
Joué par Marie-Magdeleine 
Régie : Joseph Sommier 

 
Spectacle - “G.R.A.I.N. Histoire de fous”

« De toute façon on nous prend déjà pour des fous, alors autant en profiter, non ? »
Patrick, Acte V, Scène 3

Après La Famille vient en mangeant, Marie-Magdeleine débarque au G.R.A.I.N., le Groupe de Réhabilitation Après un Internement ou N’importe, préfabriqué brinquebalant où elle devra animer un stage de théâtre le temps d’une folle journée…

1 comédienne, 8 personnages.
Une farce sur la représentation de la folie et la folie de la représentation où il sera peu ou prou question de Schumann, Van Gogh, Marilyn, Batman et des troubles du comportement.

Durée : 1h35 - à partir de 12 ans

Contact Diffusion : Marion Parassin 📞 06 31 67 30 87 ✉️ compagniemmm@gmail.com

Marie-Magdeleine dans son spectacle “G.R.A.I.N. Histoire de fous”
Marie-Magdeleine dans son spectacle “G.R.A.I.N. Histoire de fous”
Une observation parfaitement transposée face une virtuosité impressionnante.
— GILLES COSTAZ, WebThéâtre Juillet 2017
 
G.R.A.I.N. Histoire de fous
 

Lu dans la presse

Chaque édition du Off d’Avignon apporte son lot de pépites. « G.R.A.I.N. » par le Collectif Mmm fait indéniablement partie de la cuvée 2017.

Elle rayonne dans un spectacle ahurissant de précision, d’énergie et d’émotion... G.R.A.I.N. est un très beau spectacle qu’on n’est pas prêt d’oublier.

Marie-Magdeleine, dont le personnage principal porte le même nom, réalise en une heure trente une performance digne des plus grands. Et c’est peu dire qu’elle rayonne dans un spectacle ahurissant de précision, d’énergie et d’émotion.

Poussant son vélo, Marie-Magdeleine débarque au « G.R.A.I.N. » (Groupe de Réhabilitation Après un Internement ou N’importe) pour y animer un atelier théâtre. Et dès son arrivée, se trouve plongée dans le bain, accueillie par Sophie, la responsable qui lui présente le lieu et les particularités de chacun des patients.

Avec une puissance de jeu phénoménale, une aisance à passer d’un personnage à l’autre sans perdre le spectateur en route, Marie-Magdeleine, après avoir triomphé avec « G.R.A.I.N. » notamment dans des festivals comme Chalon dans la rue ou Aurillac, arrive à Avignon auréolée d’une belle réputation et forte d’une centaine de représentations pour embraser les spectateurs avignonnais.

Particulièrement bien dirigée par son acolyte Julien Marot avec qui elle a écrit à partir d’improvisations et de leur vécu ce spectacle étincelant, la comédienne se démultiplie pour offrir une galerie de personnages hauts en couleur et plus vrais que nature auxquels on s’attache peu à peu tant le texte (d’une construction redoutable) est bien écrit, abordant au passage un domaine rarement traité.

Cet univers de bipolaires, dépressifs et autres schizophrènes nous livre toute son humanité et sa souffrance. Le spectacle dénonce la pression des lobbys pharmaceutiques et le peu de cas qu’on fait des individus au centre des protocoles.

Passant du rire aux larmes, ménageant des moments tantôt drôles ou bouleversants, « G.R.A.I.N. » est un très beau spectacle qu’on n’est pas prêt d’oublier.

Réussir à garder le même niveau d’énergie tout au long de cette épopée aussi physique que poignante est proprement prodigieux. Et le petit grain de folie de Marie-Magdeleine nous touche au plus profond. Bravo !

FROGGY’S DELIGHT, par Nicolas Arnstam, Juillet 2017

Immersion chez les bipolaires

Dotée d’une grande agilité de la gestuelle, de la mimique et de l’intonation, elle joue comme les dessinateurs de presse crayonnent des attitudes et des façons d’être. Elle se démultiplie admirablement.

S’immerger dans le monde des fous pour leur apporter de l’occupation, de la joie et de la clarté, voilà qui n’est pas simple. C’est ce qu’a fait l’auteur-comédienne Marie-Magdeleine, patiemment, efficacement. Quand elle en est ressortie, elle a écrit avec Julien Marot ce texte, dont le titre, G.R.A.i.N., renvoie à un prétendu Groupe de Réhabilitation près un Internement ou N’importe quoi ! La plupart des malades sont dits bipolaires, et plus secoués qu’à l’ordinaire. Une de leurs camarades vient de mettre fin à ses jours. La jeune animatrice fait jouer et chanter ces malheureux dont l’une est plutôt menaçante, l’un porté vers l’alcool et les autres tout à fait flageolants. Il faut réagir à coups de mots, de sentiments et de psychotropes. Les journées seront kafkaïennes mais chaleureuses. La mise en scène de Julien Marot et Marie-Magdeleine repose essentiellement sur le jeu. L’actrice ne dispose que d’un espace vide (avec quand même un tabouret au milieu du vide) et incarne elle-même tous les personnages. Dotée d’une grande agilité de la gestuelle, de la mimique et de l’intonation, elle joue comme les dessinateurs de presse crayonnent des attitudes et des façons d’être. Elle se démultiplie admirablement. Parfois, on croirait voir plusieurs personnes sur scène, alors que Marie-Magdeleine est vraiment seule. On n’en est pas encore à un théâtre comme celui que Zouc pratiquait autrefois et qui faisait disparaître la frontière entre la folie et la raison. Mais l’on est dans une observation parfaitement transposée et face à une virtuosité impressionnante.

Gilles Costaz, WEBTHEATRE, Juillet 2017

Sur scène, un décor minimaliste s’il en est, un tabouret, éclairé par une lumière rouge. Et c’est déjà une sorte de trompe-l’œil, on attend une confession drolatique, une sorte de stand-up, façon « je m’assieds et vous m’écoutez ». On est très loin de cela. Car, ce qui caractérise le spectacle auquel nous allons assister, c’est le mouvement. C’est un « seule en scène » démultiplié en une petite flopée de personnages typés, et au déroulement « surmultiplié » ; une pièce à plusieurs, jouée par une seule, Marie-Magdeleine, et qui envahit la scène d’un espace parfaitement défini alors que tout n’est que montré, désigné et en quelque sorte « métré » à grands gestes, mouvement de mains et direction giratoire du corps.

Et on s’y « retrouve » parfaitement. La galerie de portraits est située, nous savons où sont les toilettes, l’espace commun, de même que le bureau de Sophie, la responsable d’un centre assez particulier, une femme qui fume cigarette sur cigarette, avec du chic, une certaine propension à l’exhibition d’un corps que l’on pense parfait, capable d’aller à un enterrement en mini-jupe de cuir.

Où sommes-nous ? Lorsque débute la représentation, une jeune femme arrive en poussant son vélo, on imagine un extérieur vaste, un parc, elle a déraillé, incident fréquent qui en dit long sur des moyens financiers limités. Elle cherche, elle découvre. Elle se nomme… Marie-Magdeleine et débarque au « G.R.A.I.N. », Groupe de Réhabilitation Après un Internement ou N’importe. Son rôle sera de resocialiser par le théâtre des adultes volontaires, tous diagnostiqués « bipolaires ». Déjà, s’installe sur le plateau un rythme extrêmement rapide puisque Marie-Magdeleine (la vraie) campe chaque personnage selon le tempo de la parole : de ces courts dialogues où l’on veut tout dire, en vrac, souvent, lorsqu’on est pressé d’en finir avec un accueil, une rencontre, une gêne relationnelle qui désarçonne le rituel des enchaînements travail/pause ou l’inverse, les repères et moments clés de la journée.

Elle est homme, femme, grossière, élégante, elle est la folie de la pseudo-normalité, elle a la densité du délire partagé dans un groupe déjanté (...) Elle ne redoute rien, empoigne chaque personnage avec une puissance convaincante et rend crédible le chaos scénique le plus décalé.

Le tempérament de notre Comédienne révèle une énergie hallucinante : elle incarne une intermittente du spectacle qui vient se faire un peu d’argent en prenant la responsabilité d’un stage pour lesdits bipolaires ; et elle est chacun des « stagiaires », passant, en une fraction de seconde à tel ou tel autre personnage, dans le va-et-vient désordonné de leurs interventions. On va  pénétrer dans le préfabriqué qui regroupe des adhérents caractérisés par leurs troubles intérieurs, mais dont le rassemblement forme une troupe atypique, forcément « particulière » : «Bienvenue à la Nef des Fous», dira Sophie.

Ainsi pourra-t-on ne jamais se tromper (et c’est là que réside l’immense performance scénique) dans la succession rapide et des propos et des accents et des définitions posturales : Françoise (« encéphalogramme plat voire inexistant », une ancienne coiffeuse rivée au souvenir de ce geste), Laurence (apeurée, terrorisée par les clowns, coincée dans son corps), Patrick (avec un bon gros accent du Sud, les bras reposant sur un ventre dont la proéminence lui sert d’accoudoirs), Christian (snob et décalé, au langage châtié : « j’étais acteur avant »), Philippe (le «lascar» à scooter qui veut toujours « pécho » et se retrouve le bec dans l’eau), Jérémy, passé au rang d’assistant de la directrice mais surtout très pointu et sur le lexique médical des psychiatres (la « tachypsychie ») et sur les effets secondaires des médications utilisées dans les protocoles de soins.

La « pièce » renvoie au théâtre, avec le travail sur le relationnel entre les « adhérents » du G.R.A.I.N., les conflits qui les opposent, les dérives propres à leur traitement, à leurs antécédents et à leur obligation de se supporter mutuellement, alors que, s’ils ont choisi d’être là, ils n’ont pas forcément beaucoup d’affinités les uns avec les autres. Patrick se détache du lot avec sa sympathie pour la nouvelle arrivée, sa bonhomie grasse et son franc-parler.

Surtout, il faut absolument aller plus loin que ce dessin talentueux de caricaturiste verbal. Marie-Magdeleine nous introduit dans le désordre de la psychiatrie, vouée selon nos critères à un retour à la norme (à défaut de normalité, laquelle reste toujours à définir), et surtout dans le lobbying des trouvailles médicamenteuses, bénies des instances et autres sommités qui veillent sur notre bonne santé.

Et le propos est acide. Nous rions des personnages qui s’entrechoquent, errent dans le désert de leur délire et s’emmêlent dans les rôles que Marie-Magdeleine qui s’évertue à donner du sens et de la tenue à l’ensemble, essaie de leur faire jouer. Ainsi Christian est-il devenu « Christiane »  et, dans le vif de l’action, Sophie se retrouve-t-elle allongée sur le sol et chevauchée par Patou au grand dam du partenaire qui lui donnait la réplique : tout échappe à toute autorité. Le jeu que l’animatrice tente de construire se perd dans un chaos indescriptible, tous parlent en même temps : on est en droit de s’interroger sur le bien-fondé de ces pratiques d’interaction théâtralisantes, destinées à redonner le sens de la communication.

Une revue a été crée, « Biponews », pour les bipolaires. Ironie s’il en est. Tout est sigle : les gens sont diagnostiqués H.P. (haut potentiel), ils touchent des AAH (allocations pour adultes handicapés) ; on les appelle les « bip » ! La dérision a envahi le plateau, à un degré de «dinguerie» vraiment formidable.

De là, Jérémy nous apprend qu’il a remplacé le « biprex » par des placébos ; il travaille sur les effets indésirables du « médoc », et tous de conclure qu’ils sont les cobayes d’une médecine totalitaire.

Reste Caroline, la suicidée, dont l’enterrement est fixé le jour même. Le cimetière est l’occasion d’incongruités, d’erreurs d’identification, de discours alambiqués, rattrapés de justesse par quelques plus lucides que Sophie, sous la bénédiction effarée et blasée du prêtre et dans l’indifférence de la famille endeuillée.

Le travail de la voix, celui du corps, la mimique, et le dialogue, tout est précis, rigoureux, et tellement juste ! Terrible exigence que celle de la comédie ! Et Marie-Magdeleine nous emmène vers un exploit scénique !

ll est très difficile de parler du comique et de le faire ressentir. A dire vrai, on est étourdi par l’inventivité de Marie-Magdeleine dont la prestation laisse ahuri. Elle jongle d’un personnage à l’autre, tout en nous donnant à « voir » l’espace, à ressentir de l’empathie rieuse pour tous. Elle est homme, femme, grossière, élégante, elle est la folie de la pseudo-normalité, elle a la densité du délire partagé dans un groupe déjanté : on la suit, on est absolument séduit pas cette dextérité à nous faire prendre toutes les vessies du monde pour d’authentiques lanternes. Elle ne redoute rien, empoigne chaque personnage avec une puissance convaincante et rend crédible le chaos scénique le plus décalé (le feu d’artifice où sont brûlés en autodafé tous les antidépresseurs prescrits).

Le travail de la voix, celui du corps, la mimique, et le dialogue, tout est précis, rigoureux, et tellement juste ! Terrible exigence que celle de la comédie ! Et Marie-Magdeleine nous emmène vers un exploit scénique !

Vous dira-t-on assez MERCI de nous avoir donné l’occasion de vous découvrir et de vous souhaiter une médiatisation à la hauteur de votre exceptionnel talent ? La salle s’est levée en standing ovation, vous avez brisé le mur de verre qui normalement nous sépare, et c’était un moment rare dont nous avons pleinement profité ! BRAVO !

Et encore BRAVO ! Vous être surprenante, « gonflée », avec une capacité de vous diversifier qui rend admiratif !

Donnez-nous de vos nouvelles et revenez dans notre île, oui, revenez ! Ce sera un immense bonheur de vous retrouver, nous serons au rendez-vous.

Culture Saint-Pierre, La Réunion, Mai 2019, par Halima Grimal

Défilé de dingue(s)

C‘est un public prêt à se laisser séduire qui attendait Marie-Magdeleine face à la Mairie de Ramonville. Que d’impatience ! La plupart des spectateurs, ainsi que le Clou, venaient pour l’avoir découverte avec son premier spectacle, La Famille vient en mangeant, véritable success-story depuis sa création en 2012.

« Soyons fous, comme on dit »

La Compagnie Mmm a donc encore frappé. Après la famille, il s’agit cette fois-ci d’une immersion dans la folie médicamentée : engagée pour donner des ateliers de théâtre au sein du G.R.A.I.N (Groupe de Réhabilitation Après un Internement ou… N’importe), Marie-Magdeleine a pour mission d’égayer la vie morose d’une poignée de fous (dixit eux-mêmes) sous médocs. Et ce ne sera pas une mince affaire. Un mythomane en puissance, une dangereuse dépressive, une introvertie angoissée et un maniaque alcoolique : dans ces conditions, pas facile de donner une leçon de théâtre ! De plus, tous les employés et adhérents de l’association sont heurtés par le décès récent de l’une des leurs : Caroline, ex-candidate au suicide qui eut la malchance de réussir son coup. 
Dès les premières minutes, humour et traits d’esprit sont au rendez-vous. Premier exercice de la séance : trouver son animal. Deuxième exercice : improviser à deux. Ce passage, drôlatique en diable, révèle la performance d’une comédienne en pleine possession de ses moyens. 
Ce groupe de malades et de soignants ressemble finalement aussi à une famille. Dans ce petit monde de gentils tarés et d’accompagnants, c’est à se demander qui est le/la plus dément(e). Toute la représentation constitue une succession d’enchaînements rocambolesques, de péripéties, de moments de crise et de quiproquos. 1h40 de folie douce et maîtrisée.

Une actrice aux multiples facettes

Elle endosse, là encore, les personnalités de huit rôles différents. Pas mal pour une seule comédienne. Est-ce réussi ? Plutôt. Marie-Mag’ change de personnalité comme de chemisier. Des temps justes. Des répliques recherchées. Une histoire bien construite. Tous les ingrédients sont là pour que la mayonnaise prenne et la mayonnaise prend. Chaque personnage existe vraiment, pour ce parti pris de spectacle c’est bien le principal : avec simplicité et aisance, l’actrice entrelace les rôles. Précise et généreuse dans l’effort, elle passe d’un hâbleur vulgaire à une jeune timorée sans aucun problème. Il y en a eu, du travail millimétré pendant les répétitions, on le sent… tout à l’air si facile ! La mise en scène est principalement axée sur cette fine direction d’actrice.

La place est faite à des asociaux, à des laissés-pour-compte, à des inadaptés. C’est bien là une des premières missions du théâtre : faire entendre ceux que l’on n’entend pas. Faire voir ce que l’on ne voit pas.

Au-delà de l’écriture, c’est là que Julien Marot intervient, on l’oublierait presque, s’il n’était pas sympathiquement présenté pendant les saluts. Un tabouret et ‘rien d’autre’, si ce n’est quelques G.R.A.I.N.s de folie et une énergie tonitruante. Le jeu de la comédienne, le texte et un seul élément de costume suffisent à embarquer le public dans le monde des bipolaires canalisés grâce au « biprex ». Le biprex ? Un traitement de choc pour calmer les ardeurs et les humeurs de ses brebis galeuses que l’on parque hors du troupeau.

En somme, la compagnie Mmm réutilise bien la recette qui fit le succès de son premier spectacle. Il faut espérer que son public ne s’en lasse pas trop vite. Ce second opus théâtral possède une qualité que le premier ne possédait peut-être pas : une critique ciblée et une invitation à penser un fait de société. La médecine conventionnelle est interrogée sur son efficacité, sa légitimité et sur les modes de traitement utilisés sur des personnes marginalisées pour cause de comportements déviants. La place est faite à des asociaux, à des laissés-pour-compte, à des inadaptés. C’est bien là une des premières missions du théâtre : faire entendre ceux que l’on n’entend pas. Faire voir ce que l’on ne voit pas. Tant mieux si cela est fait avec humour.

D’autant que derrière les aspects comiques du spectacle, une question sociétale voit le jour et nous rappelle que certains questionnements sont essentiels, surtout lorsqu’ils concernent les racines profondes du vivre-ensemble. »

LE CLOU DANS LA PLANCHE, Septembre 2016, par Ludovic Camdessus

Vendredi soir, une ovation du public pour la Compagnie Mmm… qui jouait dans la cour de l’Est

Une ovation du public pour la Compagnie Mmm…

Vendredi soir, à la fin du spectacle de la Compagnie Mmm…, intitulé « G.R.A.I.N. », ce fut une ovation : public debout, sifflant de contentement, applaudissant à tout rompre et criant « Bravo ! » Une telle manifestation de plaisir de la part de la foule est tout de même suffisamment rare pour être rapportée.

InfoChalon. com, 23 aout 2016


La Cie Mmm… confirme son talent et son univers signature

Basé sur le même esprit que son premier spectacle, Marie-Magdeleine continue de jongler à la perfection d’un personnage à l’autre par une mimique, une intonation, un regard et à ainsi captiver l’attention de son auditoire de façon saisissante.

Basé sur le même esprit que son premier spectacle, Marie-Magdeleine continue de jongler à la perfection d’un personnage à l’autre par une mimique, une intonation, un regard et à ainsi captiver l’attention de son auditoire de façon saisissante.

Une nouvelle fois largement imprégné du talent de la comédienne, ce nouveau spectacle s’impose bel et bien comme une réelle évolution du premier : le rythme, toujours soutenu, offre tout de même quelques accalmies bien senties et la maîtrise des personnages, pleine de subtilité, ne les rend que plus attachants.

Le G.R.A.I.N. c’est le Groupe de Réhabilitation Après un Internement ou N’importe. Il est constitué de gentils cinglés aux troubles divers. Afin de rompre leur quotidien, quelque peu morose, la directrice de l’association invite MARIE-MAGdeleine, qui joue donc son propre personnage, pour animer un stage de théâtre au sein de la communauté, pour une journée rocambolesque, entre émotion et hilarité générale.

LA MONTAGNE, 19 août 2016, par Vincent Balmisse

Avec son deuxième spectacle, la Compagnie Mmm… confirme son univers.

G.RA.I.N. ose et se pose plus, la comédienne se permet des pauses qui étaient exclues dans le premier spectacle, elle est plus crue mais aussi plus subtile dans le maniement des émotions, laissant la place à de vrais moments d’une légère mélancolie.

Sortie de nulle part en 2013, la Compagnie Mmm… avait alors signé un des plus gros succès régional avec sa « Famille vient en mangeant ». Alors évidemment, pour confirmer quand tout le monde glose sur la capacité à se renouveler, « il y avait un challenge sous-jacent », selon la comédienne « parce qu’on nous attendait au tournant ». Mais un tournant qui semble une ligne droite tant les techniques et les ingrédients de cette deuxième création, reprennent ceux du premier spectacle : seule en scène encore, la comédienne fait plus fort avec ses personnages qu’elle illustre d’un ton, d’une mimique pour qu’ils soient immédiatement reconnaissables. Une nouvelle fois, on entre dans un groupe qui vit ensemble, se connaît, interagit avec douceur ou violence et Marie-Magdeleine tient tout ça à bout de bras avec une énergie vibrionnante et tout à fait réjouissante.

Pourtant l’évolution est tangible : « G.RA.I.N. » ose et se pose plus, la comédienne se permet des pauses qui étaient exclues dans le premier spectacle, elle est plus crue mais aussi plus subtile dans le maniement des émotions, laissant la place à de vrais moments d’une légère mélancolie. Le sujet s’y prête : le G.RA.I.N. c’est le Groupe de Réhabilitation Après un Internement ou N’importe, rassemblement de gentils fêlés où une jeune comédienne vient donner des cours de théâtre parce que ça fait partie de la thérapie. La leur, pas la sienne, quoique…

SUD-OUEST,  11 mars 2016, par Jean-Luc Eluard

Et si nous partions en balade dans un centre d’accueil pour bipolaires ? Entre jeu de fou et délire des dires, la compagnie Mmm… revient avec un nouveau spectacle – en cours de création – intitulé G.R.A.I.N.

Le mardi 17 février, dans l’intimité chaleureuse d’un appartement particulier, nous avons assisté au jeu de transformiste de la comédienne Marie-Magdeleine seule-en-scène. Un jeu bien singulier qui laisse s’exprimer huit personnages, sans changer d’apparence. Parce que les choses ne durent qu’un temps, la pièce tient en 105 minutes mais l’on assiste en vérité à une journée des plus remplies.

Chacun va et vient au centre d’accueil, comme si l’Algeco fébrile qui tient lieu de repère était capable de supporter une telle agitation ! La journée commence comme toutes les journées, c’est-à-dire doucement. Mais très vite les êtres s’animent et l’éducatrice spécialisée elle-même, qui s’ennuie de la routine quotidienne dès les premières heures matinales, se retrouve embarquée dans la danse.

Il y a en vérité beaucoup à faire en ce grand jour. Déjà, à ne pas oublier, il faudra être prêt dans l’après-midi pour l’enterrement de celle qui ne viendra plus. Et puis – et l’on a failli l’oublier – c’est aujourd’hui qu’une intervenante vient proposer une activité un peu spéciale : un atelier théâtre.

La farce est bien sûr que l’on est tous un peu fou. Mais dans cette société malade, qui a besoin de l’autre et qui aidera son prochain ? Tour à tour encadrés et déphasés, chacun des huit personnages se dévoile à nos yeux tandis que l’intrusion d’un élément extérieur dans le repère a bousculé les rapports instaurés.

Face à nous, un tabouret et une comédienne. Tantôt elle, tantôt lui, parfois assise, souvent debout, introvertie puis désinhibé, épanouie ou carrément révolté… rien dans cet exercice complexe ne semble épuiser l’interprète qui telle une conteuse change de ton et évoque les décors par ses simples gestes.

Sorte de mise en abîme du théâtre ou du trouble du comportement (quelle différence après tout?), vient l’heure du jeu de rôle.

On vous invite donc à suivre de près la Cie Mmm…, créée en 2010 par Marie-Magdeleine et Julien Marot.

En binôme (la comédienne), sous les encouragements de l’intervenante (toujours la comédienne), deux des adhérents (l’un Marie, l’autre Magdeleine) se lancent et s’inventent une vie. Sauf que l’un a décidé d’être une fille. Est-ce que cela pose problème ? Pas vraiment. Par contre, elle avoue l’avoir trompé, et ça, c’est inadmissible. Un pique d’émotions, suite à quoi, vidés, ils s’endorment durant quelques instants de sérénité. Ainsi se déroule la fable, entre temps forts et temps sourds, comme le battement d’un cœur.

La sincérité émane de cette comédie à la Molière, le sérieux se cachant dans le rire.  Et, quand on croit perdre la tête, rien de tel que de se tourner vers les illustres bipolaires de l’histoire que sont Van Gogh, Molière (lui-même) ou Marilyn… Il suffit d’y être pour le vivre !

On vous invite donc à suivre de près la Cie Mmm…, créée en 2010 par Marie-Magdeleine et Julien Marot, dont certains d’entre vous ont peut être déjà vu la première pièce La famille vient en mangeant (lire le point de vue d’Happe:n).

Travail de maturation, leurs créations émergent au goûte à goûte. On les savoure d’autant plus ! Mmm… !

HAPPE:N, 11 mars 2015 par Marie Ruillé Lesauvage